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Charte de valorisation du bâti ancien

 

 

Cette charte s'adresse à toutes les collectivités et aux particuliers désireux de modifier, de restaurer ou construire les habitations ou bâtiments dans le respect du style dit"briard"

 

 

SOMMAIRE

ENGAGEMENT 

RÈGLES GÉNÉRALES

PETIT RAPPEL D'UNE NOTION SIMPLE 

RÈGLES TECHNIQUES 

LES FAÇADES 

1. Façades en maçonnerie

2. Façades en pans de bois

LES SOLS ET LEUR REVÊTEMENT

1. Généralités

2. Revêtements

LA CHARPENTE – LES PLANCHERS DE BOIS

1. Charpente

2. Planchers

LA COUVERTURE

1. Généralités

2. Matériaux de couverture

3. Faîtage

4. Rive et autres raccords de toiture

 

 

 ENGAGEMENT

Une charte pour la valorisation du bâti ancien en Seine-et-Marne

La qualité et la persité du bâti ancien, seine-et-marnais, font l'admiration des visiteurs de notre département et la fierté de ses habitants. Elles contribuent, très fortement, à l'attrait touristique. Il s'agit d'un élément essentiel de l'identité culturelle départementale.

Malheureusement, les nombreuses réhabilitations effectuées ces dernières années n'ont pas toujours respecté les caractéristiques du bâti ancien, ni ses spécificités locales, et ont souvent causé des dommages irréparables faute d'intervenants suffisamment sensibilisés et formés (maîtres d'ouvrage, maîtres d'oeuvre ou entreprises).

Afin de permettre aux propriétaires, maîtres d'oeuvre et entreprises, désireux de faire un travail de qualité, respectueux des techniques et de l'esthétique du bâti traditionnel, les principales instances professionnelles, administratives et associatives intervenant sur l'habitat ancien, en Seine-et-Marne, ont imaginé une charte de qualité à laquelle peuvent adhérer des entreprises, artisans et maîtres d’oeuvre reconnus pour leur savoir-faire professionnel.

Une charte morale

La signature de la charte engage les professionnels à faire preuve de leur savoir-faire. Ils s'engagent alors :

- à respecter les règles techniques de la charte ;

- à respecter les éléments architecturaux propres au bâti à restaurer ;

- à informer leurs clients (propriétaires de constructions antérieures à la fin du 19ème siècle) de l'existence de la charte, et à les inciter à se la procurer ;

- à fournir un devis descriptif aussi détaillé que possible sur les prestations et qualités des ouvrages étudiés pour une bonne information du maître d'ouvrage.

Une charte technique

Établie par un groupe de travail, cette charte est une base commune de protocole d’intervention et énonce des règles techniques certes, mais aussi une exacte lecture et compréhension du bâti ancien.

Ces règles ont pour vocation à constituer un condensé des notions techniques indiscutables à appliquer lors des travaux de restauration du patrimoine architectural ancien. Elles permettent d'assurer des réalisations de qualité et de valoriser le travail. Elles pérennisent la valorisation patrimoniale des interventions sur ce bâti tout en l'intégrant dans le développement durable. Une bonne restauration valorise le patrimoine.

Les entrepreneurs et architectes, soucieux de participer à la sauvegarde du bâti ancien seine-et-marnais, sont invités à signer un engagement de respect de la charte. Cet engagement tient lieu d’agrément après validation par un comité.

Des signataires pourront se constituer en réseau et fonctionner à la manière d'un « cercle de qualité », avec des rencontres plus ou moins régulières, selon l'actualité, sur des points techniques particuliers de restauration. Au-delà des engagements respectifs des

signataires, la charte se veut un outil de promotion des savoir-faire de qualité.

Une charte utile

Outre la fierté de participer à la sauvegarde du patrimoine architectural...

Pour le propriétaire ou maître d'ouvrage :

- une garantie : des professionnels compétents et passionnés ;

- une sécurité : le respect de la charte technique ;

- des références ;

- des conseils dans le choix des travaux à entreprendre, privilégiant la qualité et éliminant l'inutile souvent coûteux ;

- des pratiques qui mettront en valeur les qualités techniques et architecturales de l'ancien, tout en l'adaptant au confort d'aujourd'hui.

Pour les professionnels, elle n'est pas seulement un potentiel de travail, c'est aussi :

- des chantiers de qualité ;

- la possibilité de travailler avec des clients ayant une sensibilité proche de la leur, et pouvant apprécier « le bel ouvrage » ;

- une référence, voire une notoriété ;

- la création d'un réseau d'artisans aux métiers complémentaires ;

- un espace d'échange, de connaissances et de transmission du savoir entre professionnels motivés.

L’agrément de la Charte de valorisation du bâti ancien en Seine-et-Marne

L'agrément de cette charte est accordé à des professionnels de la restauration après examen, par un comité (d'agrément et de suivi), d'un dossier de candidature.

Ce sont donc, non seulement les compétences techniques et les savoir-faire qui sont pris en compte, mais aussi la compréhension du bâti ancien, la sensibilité et l'intérêt pour la sauvegarde du patrimoine architectural.

L'agrément est accordé pour quatre ans et peut être renouvelé ultérieurement selon les mêmes critères. Il peut être retiré immédiatement en cas de manquement grave aux principes de la charte.

Le dossier de candidature présentera notamment :

- la structure et le profil de l'entreprise ;

- des chantiers de restauration de référence avant/après (travaux illustrés de photos, certificat de maître d'oeuvre) ;

- un dossiers de demande d’adhésion joint en annexe (accessible sur le site Internet du STAP 77).

 

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 CHARTE TECHNIQUE

 

 RÈGLES GÉNÉRALES

Avant d’entreprendre toute intervention, il est important de prendre son temps pour :

- repérer les parties les plus authentiques et celles qui ont été ajoutées récemment ;

- observer les dispositions du bâtiment ;

- voir des bâtiments similaires, de la même époque, en état d’origine ou même en mauvais état, qui pourront servir de modèle ou de référence ;

- analyser les besoins, établir un programme d’utilisation adapté au bâtiment à restaurer ;

- établir des plans du bâti existant, en plan, coupes, façades, et en faire de même pour l’état projeté ;

- consulter les organismes de conseil (CAUE, Service Territorial de l’Architecture et du Patrimoine, Maisons Paysannes de France, Fondation du Patrimoine…).

 

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Sans déroger aux règles de l’art, les normes constructives appliquées aux constructions neuves (comme la hauteur de plafond, les murs en parpaings de ciment, les planchers en béton et la normalisation des portes et fenêtres, par exemple) ne seront pas appliquées à la restauration du bâti ancien.

La volonté de conserver tous les éléments anciens constitutifs du bâti à restaurer devra être précisée très clairement par le propriétaire et par l’entreprise.

La volumétrie existante ne devra pas être modifiée, sauf dans le cas d’un retour à des dispositions anciennes archéologiquement attestées ou par analogie avec celles-ci pour améliorer un bâtiment.

Les matériaux d’origine (menuiseries, serrurerie, ferrures…) et les éléments d’architecture intérieure qui font partie intégrante du patrimoine local (escaliers, caves, lambris, planchers traditionnels, entrevous*, poutres, solives, parquets, plafonds, menuiseries, cheminées, fours à pain, potagers, peintures murales ou sur plafonds...) seront conservés et mis en valeur, non seulement pour des raisons patrimoniales, mais aussi pour leur remarquable efficacité dans la qualité à vivre du bâti. L'intérêt est économique, mais vise aussi à préserver l'authenticité du bâti.

Les techniques ou procédés d'aménagement (faux planchers, faux plafonds, doublages abusifs...) qui détruisent ou qui masquent les éléments d’architecture intérieure les plus remarquables seront évités.

Préalablement à toute intervention, de quelque nature que ce soit, un état des lieux photographique exhaustif sera constitué afin de conserver les traces des dispositions antérieures aux modifications. Des photographies seront également réalisées pendant le chantier pour garder la mémoire des parties qui seront cachées, ainsi qu’à la fin des travaux pour pouvoir justifier de la bonne exécution de ceux-ci. Un dossier photographique sera transmis au Comité d’agrément et de suivi.

 

 

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 PETIT RAPPEL D'UNE NOTION SIMPLE

Le patrimoine bâti est issu des pratiques ancestrales à retrouver et à adapter au monde actuel...

Les maisons anciennes étaient, par nature, écologiques, car en parfaite cohésion entre l’homme et son environnement paysager :

- orientation des ouvertures de taille différenciées, principales au sud et secondaires au nord ;

- implantation en fond de vallées pour se protéger contre les agressions climatiques;

- plantations constituées de haies vives contre les vents dominants ;

- jardins utilitaires avec potagers et vergers ;

- regroupement des dépendances autour d’une cour par soucis d’économie des déplacements, de barrières contre l’insécurité et les agressions climatiques ;

- rationalité constructive avec emploi de pierre taillées aux endroits les plus fragilisés, et remplissage en moellons issus des champs environnants...

Cependant, les transformations sociétales et technologiques brutales de la fin du 19ème siècle et « des trente glorieuses », changements d’affectation agricole / domestique, résidences secondaires / résidences principales, mode d’énergie bois / charbon / gaz / pétrole… ont suscité des transformations, parfois nuisibles en terme d’habitabilité, de confort et d’isolation.

Il convient donc de n’intégrer que des techniques et des matériaux non agressifs qui respectent le bâti existant, à savoir, entre autres :

- profiter de la forte inertie des murs et ne pas utiliser d’isolants ou de revêtements nuisant à la respiration des échanges hygrométriques ; les isolants végétaux (chanvre,

lin, ouate de cellulose, textile recyclé, liège expansé, fibre de bois...) s’avèrent plus

« respirants » que certains autres isolants ;

- ventiler les locaux afin d’évacuer l’humidité latente ;

- drainer les murs périphériques pour éviter les remontées capillaires tout en évacuant les eaux de pluie, utiliser des enduits très perméables à la vapeur d’eau et non sensibles au gel ;

- se chauffer à l’aide de chaudières, de poêles utilisant les résidus de bois, de cheminées

à récupération de chaleur, de pompes à chaleur ou encore profiter de la géothermie

naturelle des sols, ou du soleil grâce à l’emploi de panneaux solaires thermiques ou

photovoltaïques sous réserve d’une parfaite intégration ;

- adopter des nouveaux concepts d’habitat et de modes de vie, avec présence d’espaces

de transition climatique (patio, préau fermés ou ouverts, blocs cloisonnés desservants

des espaces de vie adaptés au rythme des saisons) tout en conservant l’ampleur des

volume initiaux.

En quelque sorte, ne pas s’éloigner du milieu naturel, au point de l’ignorer, en créant une maison passive totalement étanche à l’air et à l’eau, ou en s’efforçant de répondre à des diagnostics normatifs souvent peu adaptés aux maisons d’autrefois, mais comprendre les qualités inhérentes du bâti ancien et trouver le juste compromis en utilisant le mieux et les techniques nouvelles en matière écologique avec économie et rationalité.

 

 

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 RÈGLES TECHNIQUES

 

  LES FAÇADES

Les travaux d'entretien et de restauration du clos et du couvert et des intérieurs du patrimoine architectural, centres anciens des villes, bourgs, villages et hameaux, situés ou non dans des espaces protégés ou isolés, devront respecter les principes énoncés cidessous.

 1. Façades en maçonnerie

1.1. Généralités

Tant les façades sur rue que les façades sur cour sont concernées. Le bâtiment doit être considéré dans son ensemble pour obtenir une harmonie de restauration. Les mêmes techniques de restauration seront employées sur un même corps de bâtiment, tout en tenant compte des différences de traitement qui peuvent être appliquées selon la nature du mur (façade ou pignon) ou du bâtiment (logis, dépendance, corps de ferme, …), déduites d’après l’observation et l’analyse du bâti ancien.

Les travaux de simple entretien feront l'objet des mêmes soins.

Il existe en Seine-et-Marne plusieurs types de façades dont les principaux sont :

- les façades au mortier plâtre avec moulurations (voir carte des matériaux) ;

- les façades en moellons enduites au mortier de chaux avec encadrement brique, pierre

de taille (grès, calcaire) ou enduit d'encadrement lissé ;

- les façades en pans de bois dans les villes et bourgs d'origine médiévale.

 

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1.2. Maçonnerie

D'une façon générale, les maçonneries seront restaurées dans un état le plus proche possible de celui d'origine, mais en conservant les traces d'usure qui ne nuisent pas à leur conservation.

Les éléments disparus, mais archéologiquement attestés, des maçonneries traditionnelles seront restitués en conservant la totalité des éléments d’origine (linteaux, appuis, encadrements de baies, bandeaux, corniches, chaînes d’angles...).

La destruction et/ou le recouvrement de sculpture, modénature ou ornementation ancienne sont proscrits.

Hormis les éléments en pierres de taille, les maçonneries des murs (moellons des murs de façades principales destinés traditionnellement à ne pas rester apparents), recevront un enduit.

À l'occasion de travaux de façade, les enduits existants en ciment seront supprimés et remplacés par des enduits plâtre, plâtre et chaux, chaux aérienne ou à défaut

chaux hydraulique naturelle. Il faut noter que la mise à nu du support par suppression d’enduit, erreur technique, peut engendrer des désordres.

En tout état de cause, ces enduits ne seront jamais en saillie par rapport aux parements des chaînes d'angles (photo ci-contre).

Pour conserver la hiérarchie d'usage entre habitat et dépendances les pignons et les dépendances, non enduits à l'origine, seront simplement jointoyés au nu des moellons.

Il ne faudra pas réaliser d'enduits à pierre vues sur les maisons en plâtre à l'origine traitées en enduit plâtre ou plâtre et chaux.

Attention à la compatibilité des matériaux entre eux (plâtre et chaux hydraulique, ou ciment).

De manière générale, la totalité des scellements sera réalisée à la chaux aérienne (C.L. ou D.L.), à la chaux hydraulique naturelle (N.H.L. 2 ou 3.5) ou au mortier bâtard (mélange des deux).

Les peintures sur les maçonneries de pierre de taille ou de moellons* sont interdites, mais les badigeons au lait de chaux en extérieur peuvent être envisagés.

Lors de la pose des échafaudages, les ancrages dans les pierres de taille devront être évités ; des cales en bois et du polystyrène doivent protéger les ouvrages en pierre.

 

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1.3. Appareillage en pierre de taille

1.3.1 Restauration des parements

En Seine-et-Marne, sont principalement utilisés le grès éclaté ou taillé à la broche (pointe ou pic), et le calcaire.

Lorsqu’il est nécessaire de remplacer une pierre, le remplacement doit se faire avec une pierre d’aspect, de forme, de dimensions, de couleur et de texture rigoureusement identique, sur une vingtaine de centimètres d’épaisseur.

Les pierres remplacées en tiroir seront scellées en fond avec des coulis de chaux naturelle et les joints soigneusement refichés sur les quatre faces avec un mortier de chaux aérienne (il ne doit rester aucun vide entre la pierre neuve et la maçonnerie environnante).

Le sens du lit de la pierre doit être respecté lors de la pose, et les boutisses* remises en place ; si ces dernières sont en nombre insuffisant, il conviendra d'en ajouter.

Le calepin* d’origine devra être respecté.

Il est recommandé de nettoyer les ouvrages en pierre, à l’eau sous faible pression et à la brosse douce en nylon. L’usage de produits non acides, abondamment rincés à l’eau claire, est préconisé. En revanche, le ponçage, l’eau sous forte pression, l’utilisation de brosses métalliques et le sablage à sec ou humide des pierres, ne sont pas recommandés, de même que tout type de nettoyage abrasif, car ils nuisent à la préservation de la pierre par disparition du calcin*.

Lorsque les parements sont dégradés, le ravalement s'effectue par retaille de surface à la laye ou au ciseau de tailleur de pierre ; le chemin de fer ne s’emploie que sur les pierres à partir du 19ème siècle ; la boucharde* n’est pas recommandée, car elle fragilise les parements. Cette retaille ne doit pas dépasser un maximum de 1 centimètre ; audelà, il convient de changer les pierres endommagées, le remplacement devant se faire par bloc entier, les techniques de placage étant interdites. La retaille sera limitée au strict minimum, voire absente pour conserver le calcin.

Des techniques de brochage par tiges, en inox ou en laiton, peuvent être utilisées pour solidariser les pierres neuves ou les parties de pierres remplacées avec la maçonnerie ou les pierres contiguës.

Pour les encadrements de baies, s'il est impossible d'intervenir par l'intérieur sur les pierres harpées, la pierre pourra être coupée au droit de la menuiserie, le morceau de pierre neuf devant être goujonné* dans la partie ancienne restée en place (tige filetée inox ou laiton).

Le recours à des matériaux de ragréage ne pourra être autorisé que pour de petits raccords et à titre exceptionnel. Le mortier de ragréage prêt à l'emploi sur des pierres anciennes, pratique malheureusement fréquente, est strictement interdit. Le mortier de ragréage des pierres sera constitué de mélange de poudre de pierre naturelle et de chaux aérienne. Lorsqu'une pierre saine est endommagée par des trous de fixation ou autres percements de faible dimension, l'utilisation de bouchons posés à joints marbriers est préconisée.

Toutes les moulurations seront restaurées au plus proche de leur profil d'origine (c'est pour cette raison que la retaille doit être minimale) ou restituées si elles ont disparu ou si elles ont été dénaturées. Le dessin précis des profils des moulures, avant et après travaux, sera soumis à l'architecte maître d’oeuvre et au maître d’ouvrage ou, à défaut, au Comité d’Agrément et de Suivi qui pourra être consulté.

 

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1.3.2 Les soubassements

Dans le cas où ils existent, les soubassements seront retrouvés ou restitués ; leur aspect sera feutré ou lissé.

1.3.3. Réfection des joints

Les joints seront raclés à fleur de parement ; les joints en creux, rubans ou tirés au fer sont proscrits. Les joints ne doivent pas être mis en évidence. Il est recommandé de laver les joints avant la prise définitive pour enlever la laitance de la chaux qui tache les pierres. La couleur des joints, souvent proche de celle des pierres du parement, sera donnée par le mortier ancien encore en place dans les maçonnerie.

Les joints en bon état ne devront pas être refaits. Dans le cas contraire, les joints les plus anciens serviront de référence pour leur épaisseur, souvent très mince. Lors de leur dégradation, ceux-ci ne devront pas être élargis, notamment en prenant soin de ne pas épaufrer* les arêtes des assises en pierre.

 

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1.4. Façades en enduits (enduits restauration ou nouvelle application)

1.4.1. Les enduits à la chaux aérienne

Les parties d’enduits anciens au mortier de chaux aérienne en bon état pourront être conservées ; les zones dégradées ou lacunaires seront refaites en raccord à l’identique (enduit de même composition, couleur, matière, grain, texture, épaisseur, …).

Le cas échéant, une patine d'harmonisation pourra s'avérer nécessaire pour homogénéiser l'ensemble de la façade.

L'encadrement d'une baie, les chaînes d'angles, les frises sous corniches ou les bandeaux, réalisés en badigeon de chaux pourront être conservés ou restitués conformément aux aspects de l'architecture traditionnelle.

L’application d’un enduit à base de chaux hydraulique artificielle ou de ciment à la place d'un ancien enduit au mortier de chaux aérienne dégrade à terme les moellons (desquamation des assises par blocage des échanges hygrométriques).

Les mortiers de pose enduit et les joints seront composés des éléments suivants :

- sable de carrière du pays ou de rivière, ni trop lavé ni trop tamisé pour avoir une bonne proportion de fines particules et un bon éventail de granulométrie ;

- chaux aérienne éteinte pour le bâtiment (C.A.E.B. ancienne norme) ;

- chaux calcique (CL) ou dolomitique (DL) nouvelle norme, ou chaux hydraulique naturelle (NHL 2 ou 3.5) ; chaux aérienne ou chaux grasse en pâte pour l’enduit de finition ; selon la nature du support, s’il est justifié de réaliser un enduit bâtard, celui-ci sera constitué de chaux aérienne et de chaux hydraulique naturelle pure ;

- éventuellement, pour la réalisation de badigeons ou d’application de lait de chaux, adjonction de pigments minéraux naturels ocrés.

En fonction de l’aspect recherché, pour obtenir une granulométrie variée ou des nuances de couleurs, des sables de plusieurs provenances pourront être mélangés ensemble, s’ils sont compatibles.

Compte tenu de leur temps de séchage, les enduits à la chaux aérienne ne devraient pas être faits 2 ou 3 mois avant une période susceptible de gel (hiver).

Les enduits seront posés à la truelle, recoupés frais ; la finition pourra être lissée, lavée à l'éponge ou brossée (sans arracher le grain) suivant les effets esthétiques recherchés. L’éventuelle utilisation de la taloche (sur les bâtiments les plus récents) ne devra pas donner un aspect trop raide aux surfaces d’enduits.

La teinte sera donnée par la couleur ocrée du sable local ou des oxydes naturels et des enduits anciens. Des variations et des nuances de teinte par édifice sont normales ; par contre, les colorations artificielles sont proscrites.

Le niveau fini de l'enduit est donné par le nu des pierres de taille. En aucun cas il ne doit faire saillie par rapport à celles-ci.

L'enduit n'a pas pour but de rectifier l'aplomb de la façade. Il faut respecter les fruits existants des murs.

Dans le cas d’un enduit sain, et pour obtenir un aspect plus homogène, il pourra être appliqué un enduit pelliculaire à la chaux aérienne (5 mm d’épaisseur environ), sans qu’il fasse saillie sur les pierres de taille.

Que ce soit pour les joints ou pour les enduits, il est conseillé de proposer des échantillons sur une surface significative (minimum 60 x 60 cm) pour présentation au maître d’oeuvre et au maître d’ouvrage.

Nota : pour mémoire, il est intéressant de remarquer les joints décoratifs avec inclusion de roches meulières qu'il faut plutôt réparer que récréer.

 

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1.4.2. Les enduits au plâtre

En préambule, précisons que le plâtre est un des matériaux de base constitutifs de l'architecture traditionnelle francilienne.

En Brie, en fonction de la présence ou non de gypse dans le sous sol (voir carte précédente), ce matériau a été employé d'une manière constante dans le nord Seine-et- Marne aussi bien pour les maçonneries (liant) que pour les enduits et parfois, aussi pour les sols.

L'extraction du gypse, et sa cuisson dans des fours artisanaux situés sur les lieux même de l'extraction (fours forains non réutilisables), donnait une grande variété de plâtres et explique la présence dans le plâtre de terre cuite, de charbon de bois et d'incuits. La qualité du matériau, elle, était constante (cuisson à haute température).

 

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1.4.2.1. Types d'enduits

Les enduits les plus courants étaient appliqués en deux couches (dégrossi, finition) d'une épaisseur pouvant aller jusqu'à 4,5 cm et, parfois en une seule couche. on peut distinguer quatre grandes catégories d'enduits au plâtre :

- les enduits les plus courants : plâtre gros de Paris et chaux aérienne (jusqu'à 10%), de finition recoupée à la truelle berthelée et teinté seulement par le sable de carrière ;

- les enduits additionnés de poudre de pierre (stuc pierre) pour les riches maisons en ville ou maisons de bourg comportant des modénatures élaborées ;

- les enduits moins soignés sur les dépendances, les pignons, murs de clôtures... réalisés à pierres affleurantes, mais souvent avec des sous corniches et effets de chaines d'angles plus soignés ;

- les soubassements en enduits « romains » additionnés de poudres de terre cuite qui donne un caractère hydraulique à l'enduit.

 

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1.4.2.2. Conditions d'utilisation moderne

Si les plâtres anciens étaient d'une résistance aux intempéries remarquable (absence de bandeaux recoupant les pignons), en restauration, ce matériau est à éviter sur les pignons, les façades exposées en cas de fruit important, et sur les soubassements ainsi que sur les éléments de toiture (souches, lucarnes).

Les maçonneries anciennes doivent être saines et sans humidité permanente pour accepter un enduit au plâtre.

 

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1.4.2.3. Les finitions

La finition la plus courante est « recoupée à la berthelée » effectuée le jour même au moment ou le plâtre fait sa prise et donne un aspect bien plat, régulier, et avec très peu d'aspérités.

On rencontre aussi la finition poncée (systématiquement pour les stuc pierre) donnant un aspect encore plus lisse et soigné au fini très adapté pour traiter les modénatures.

Parfois, le plâtre peut être « lavé » au moment de sa prise pour dégager en surface le sable.

La finition « lissée » est à éviter ou à réaliser avec prudence car les risques de faïençage sont importants.

 

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1.4.2.4. Restauration

En cas de restauration d'un enduit au plâtre pour, par exemple, une belle maison ou un corps de ferme comportant des pignons exposés, on pourra réaliser des enduits à la chaux aérienne additionnée de granulats très fin et en finition talochée qui pourront donner un aspect visuellement assez proche du plâtre recoupé.

À titre d'exemple, citons la restauration de la maison Louis Braille à Coupvray (Richard Jandell, architecte).

 

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 2. Façades en pans de bois

Quelques constructions à pans de bois subsistent dans certains centres-villes (Melun, Provins, Rozay-en-Brie, Coulommiers, Moret-sur-Loing, Nemours).

Les typologies concernées : la maison de bourg d'origine médiévale, la grange, et les moulins (ex Flagy).

 

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2.1. Structure

L’ensemble de la structure repose sur un mur bahut en maçonnerie de moellons hourdés à la chaux aérienne et sable local. Cet élément évite les contacts directs avec le sol, source de pourrissement.

La structure est porteuse en périphérie du bâtiment ou fait office de mur de refend.

Chaque pièce de bois est assemblée de façon traditionnelle : tenon et mortaise avec cheville en bois, enture* …

 

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2.1.1. Réhabilitation de la structure

Le maître d’ouvrage doit être attentif aux traces de polychromies éventuelles ainsi qu’aux recherches de dispositions anciennes.

Un diagnostic sera effectué pour vérifier la stabilité et les reports de charges de la structure ainsi que pour l’encastrement des pièces de bois et des assemblages.

Un traitement doit être appliqué contre les larves d’insectes xylophages et les champignons.

Le remplacement des portions de bois abîmées est réalisé par enture et en bois de même essence.

La structure est :

- soit apparente ;

- soit recouverte.

Dans le cas où la structure est recouverte, il est déconseillé de rendre les bois apparents.

L'enduit, s'il doit être refait, sera à la chaux aérienne et sable local avec une finition talochée appliquée sur un lattis de baguettes de chêne ou de châtaignier assurant son armature.

Dans le cas où la structure est apparente, et que l'on souhaite la couvrir, il est déconseillé d'appliquer un enduit autre qu'à la chaux aérienne sur les bois.

 

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2.1.2. Remplissage de la structure

Il est réalisé par différentes techniques :

- torchis*;

- moellons de tout-venant ;

- ou briquettes d’épaisseur variable (3 x 11 x 22 cm environ) hourdées à la chaux aérienne et sable local avec une finition lissée à la truelle. Les joints sont recoupés au droit du nu des briquettes.

Le remplissage en torchis s’effectue suivant deux techniques différentes :

- soit la technique à éclisses (baguettes de chêne ou châtaignier refendues) ;

- soit la technique du lattis*.

Le torchis* était composé d'un mélange de glaise, sable, bouse de vaches ou crottin, malaxé avec hachis de paille d'avoine ou foin. On y rajoutait parfois un peu de chaux.

Il était projeté à la truelle sur les lattis fixés entre les membranes. Une fois sec, on pouvait le mouiller sans danger. Il était ensuite recouvert de mortier.

 

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2.1.3. Protection des bois

Dans le cas où la structure est apparente, elle peut recevoir un badigeon de chaux aérienne pour sa protection. Celle-ci peut être aussi appliquée sur le bardage bois.

Si le remplissage doit rester apparent, il sera lissé au même nu que les potelets*.

Si le remplissage est destiné à recevoir un enduit entre les pièces de bois, il sera posé avec un léger retrait pour l’application d’un enduit de chaux aérienne et sable local qui viendra au même nu que les potelets*.

Des dispositions particulières, et des cas particuliers, peuvent parfois se trouver et doivent être conservées car elles participent aux caractéristiques architecturales locales et / ou à une époque donnée.

 

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 LES SOLS ET LEUR REVÊTEMENT

 1. Généralités

Préserver si possible les niveaux anciens des sols. Ils sont déterminés par les pierres de sole* des cheminées, les seuils de porte, les empochements dans les murs. Souvent irréguliers, leur surface n'offre pas la planéité des constructions neuves. Il ne faut pas chercher à la retrouver dans l'ancien.

 2. Revêtements

2.1. Parquets

On complètera les pièces manquantes par des éléments de même nature, essence, section et profil, en reprenant les mêmes types d'assemblage.

 

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2.2. Sols en terre cuite

Pour les sols en carrelage de terre cuite, poser les joints à la chaux aérienne et non au ciment, serrés en recherchant à les rendre le moins visible possible.

Le calepinage* est un choix déterminant selon le caractère à donner à la pièce et à l'époque de construction.

Dans les poses à motif en diagonale et pour les tomettes hexagonales, les murs n'étant pas droits, les carreleurs partaient du centre de la pièce à carreler pour terminer de façon aléatoire vers les murs (sinon, la pose s'effectuait parallèlement aux murs).

 

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2.3. Sols en rez-de-chaussée sur terre-plein (pierre ou terre cuite)

S'ils sont en bon état la sagesse est de les conserver tels quels.

S'ils sont en mauvais état, il est conseillé de prévoir une isolation sur terre plein avec un isolant incompressible et une barrière de capillarité au droit des murs.

Pour limiter l'éventuel transfert d'humidité dans les murs, il est préconisé de prévoir un espace tampon, entre le pied du mur et le bord du plancher pour permettre l'évacuation de l'humidité latente au droit du complexe dalle et isolant (voir croquis).

Sur un terrain humide, un drainage périphérique complètera les travaux d'assainissement

 

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 LA CHARPENTE – LES PLANCHERS DE BOIS

 1. Charpente

Dans les immeubles anciens, les charpentes ne sont pas toujours visibles en raison de l’aménagement des combles. Les désordres qui les affectent, dus bien souvent à un manque de ventilation des surfaces de couverture, ne sont découverts qu’en cours de chantier. Il est néanmoins indispensable de remettre en état une charpente avant de refaire une couverture.

Le charpentier se doit de vérifier la partie de charpente sur laquelle il intervient. Il effectuera un nettoyage et devra, si nécessaire, préconiser un traitement fongicide et insecticide adapté à la nature du bois.

La restauration devra se faire dans le respect des techniques utilisées à l’époque de la construction (assemblages, essences de bois).

Les bois ne doivent pas être enfermés dans les maçonneries (ex sablières…). Pour les solives et les poutres, laisser un jeu de dilatation au niveau des encastrements dans les murs. Pour éviter l’altération des embouts de poutre, les anciens protégeaient leurs extrémités par des ardoises, un feutre, une couche de plâtre ou du goudron.

Conserver la triangulation de la charpente.

Faire particulièrement attention à la suppression ou au rehaussement des entraits* des fermes de charpente qui libère les poussées sur les murs gouttereaux*, entraînant, à terme, des désordres dans la maçonnerie.

Le remplacement des pièces de bois altérées se fera de préférence partiellement par enture* ou complètement, par des pièces de bois de même nature et de même section en respectant les assemblages, et sous réserve de s’assurer des dimensionnements suffisants. Les boulonnages seront à éviter.

En cas de combles apparents, éviter de vernir les bois de charpente ou d'utiliser des produits non respirants. Le bois doit respirer comme les maçonneries.

Pour maintenir une stabilité correcte de la charpente, faire attention à bien conserver ou à restituer le contreventement des faîtages pour éviter la poussée extérieur sur les murs.

Remarque : une des raisons des nombreux désordres constatés après réutilisation des combles de grange en combles habitables, est la mauvaise appréciation des charges du plancher à reprendre, dus à ce changement de destination.

 

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 2. Planchers

2.1. Les poutres

Les poutres sont de grosses pièces de bois équarries qui servent à couper la portée des solives dans les pièces de grande dimension et leur section était généralement carrée. Elles étaient prises dans un arbre entier dont on n'avait aucune raison de diminuer la force en les ramenant à une section rectangulaire par la taille à la hache ou par le sciage.

Les poutres s’emploient aussi quand les solives ont de fortes charges à supporter.

Avant de nettoyer poutres et solives, effectuer des sondages pour retrouver d’éventuelle traces de décoration, couleur, motifs. Ces témoins du passé doivent être conservés en vue de leur restauration ultérieure.

Lors d'une restauration, il est indispensable de vérifier l'état des abouts de poutres engagés dans la maçonnerie.

 

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2.2. Les solives

La protection de leurs extrémités dans les murs sera traitée de la même façon que pour les poutres (voir le chapitre sur la charpente).

Quelquefois dans le passé, l’usage était de « poser les solives tant pleins que vides », c’est-à-dire qu’on laissait exactement entre chaque solive la largeur de l’une d’elles. Leur charge et leur usage ayant changé, l’écart entre les solives n’a cessé d’augmenter jusqu’à ce jour.

Elles peuvent reposer sur les poutres, soit en prolongement l’une de l’autre, soit côte à côte ou bien les solives peuvent être embrévées*. Ce montage permet de gagner de la hauteur sous la poutre mais peut fragiliser celle-ci. On peut aussi poser des solives sur des lambourdes* de formes variables à l’aide d’étriers ou de clous forgés enfoncés dans la poutre.

Remarquer que les chanfreins*, moulures et sculptures éventuelles, ne commencent qu’à une certaine distance de leur point d’appui.

 

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2.3. Les entrevous*

Il est à noter que les dispositions suivantes anciennes sont à conserver non seulement pour des raisons patrimoniales mais aussi pour leur remarquable efficacité dans la qualité à vivre du bâti.

En effet, les planchers et les parquets ont pu être posés directement sur les solives, ce qui était souvent le cas dans des bâtiments « économiques » ou « industriels ». Il y avait alors transmission directe des bruits, de la chaleur et du froid. Aussi a-t-on cherché, dans le passé, à éviter ces inconvénients en établissant au-dessus du plancher une aire en terre argileuse battue et recouverte d’un enduit de plâtre ou de chaux.

Dans les planchers anciens, l’espace entre deux solives, appelé entrevous, était constitué de lattes de bois (châtaignier) ou de planches reposant, à leur extrémité, sur les solives.

Les entrevous, généralement enduits au plâtre ou à la chaux, pouvaient être aussi peints ou décorés. Ces dispositions sont bien sûr des éléments à conserver pour leur restauration.

Pour le ragréage de chape, on peut réaliser des chapes en « vermiculite », mortier de chanvre, ... tout matériaux isolant permettant la « perspiration » des bois.

 

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2.4. Sols des combles Þ vigilance

Sous prétexte de refaire les sols des combles, ne jamais créer de dalles en bétonxarmé, qui noient les pieds de ferme et les sablières, et les font pourrir

 

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 LA COUVERTURE

 1. Généralités

La plupart du temps, les couvertures sont, en Seine-et-Marne, en tuiles plates ou, plusxrarement, en ardoises et appartiennent aux trois grandes familles suivantes :

- toiture à deux pentes, supérieure à 45°, voire 50° ou plus, pour les constructionsxmédiévales ;

- toiture à brisis et terrassons* dite «à la Mansart» cas particuliers ;

- toiture à croupe.

 

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Le chaume

Dans les maisons anciennes du 18ème siècle, essentiellement dans les zones rurales, les toits étaient en chaume. Propre à l'habitat modeste jusqu'en 1850, le chaume est progressivement remplacé par la tuile jusque dans les années 40.

Le chaume a disparu sous la double influence des compagnies d'assurance et de l'État, qui, sous le Second Empire, interdit, par une loi, de construire et même de réparer les toits de chaume. C'est aussi l'époque des lampes à pétrole.

C'est ainsi qu'en 1914 le chaume avait presque disparu en Brie. Les tuileries se multipliaient sur les carrières de terre argileuse. Le changement de matériau a eu pour conséquence de modifier les pentes et rehausser les murs de 40 à 80 cm, ce qui permet d'installer des chambres dans les combles.

 

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 2. Matériaux de couverture

Les tuiles seront en terre cuite, de format petit moule 16 X 24 (pose 60-80 m2) d'une épaisseur suffisante (13 mm recommandé). Exceptionnellement, pour des versants plats et de grande dimension, les tuiles terre cuite d'un format supérieur pourront être acceptées. Elles seront toujours de ton vieilli et panachées.

 

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2.1. Choix des tuiles

Trois cas :

- les tuiles anciennes : dans une restauration, l'idéal est de les récupérer au maximumsi elles ne sont pas poreuses ;

- mixité : elle est à éviter car le mélange ancien/ neuf est difficile ;

- neuves : éviter le panachage trop contrasté de couleur, préférer, à l'homogénéité, une seule teinte avec des nuances légères ou des tuiles vieillies.

Quelque soit l'intervention sur la couverture, il faut impérativement changer les lattes en sapin : bois traité contre les insectes. Utiliser des clous galvanisés.

Les crochets de gouttières doivent être posés sur les bois de charpente et non sur la maçonnerie.

Les ardoises devront être naturelles (choisir la dimension en fonction des traditions locales et des règles techniques) et posées au clou (inox ou cuivre) ou au crochet noir.

Les ardoises d’imitation sont proscrites. Il sera nécessaire de reprendre les techniques d’origine, en sauvegardant les détails particuliers (noues en ardoise, renvers*, déversé, arêtiers à ardoise biaise, …).

Tout le zinc apparent doit être patiné afin d’éviter les brillances. Les descentes d’eau pluviale seront en zinc avec dauphin en fonte.

 

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 3. Faîtage

Les faîtages peuvent être, selon le cas, réalisés à l’aide de tuiles faîtières en terre cuite (non vieillies artificiellement et non vernissées), posées avec crêtes et embarrure* au mortier de chaux hydraulique naturelle, de même teinte que les enduits.

Le faîtage est légèrement incurvé, afin d'éviter aux eaux de ruisseler sur les pignons.

Les épis de faîtage : on les trouve sur les toitures à croupe (ou 3 pans). Il est conseillé de les rétablir quand ils ont disparu pour protéger les têtes de poinçons. On en trouve de deux sortes :

- en métal (zinc ou plomb) souvent associés avec de l'ardoise ;

- en terre cuite, ou ils font l'objet d'un travail de sculpture.

Les girouettes : elles viennent compléter le dessin des faitages. On les trouve plus particulièrement en plaine .Elles sont en tôle ou en zinc et peuvent supporter une touche d'originalité.

 

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 4. Rive et autres raccords de toiture

En pignon, la toiture est arrêtée par une rive. En général le toit se termine au droit du pignon par une ruellée fine avec dévirure.

En Seine-et-Marne, la rive traditionnelle est la ruellée de chaux, de forme trapézoïdale, placée en extrémité de toiture (croquis). En Brie elle est très fine.

Bien que cette technique nécessite une certaine vigilance, il est recommandé de la réutiliser en restauration pour poursuivre la tradition.

Les noues* sur toits en tuiles

Les raccords de pente : les noues, à l'origine, étaient arrondies, mais elles sont difficiles à réaliser. On privilégiera les noues fermées (croquis) ne laissant pas apparaître le zinc.

Les arêtiers sont de 2 sortes :

- au mortier de chaux, et ils épousent les courbures de la toiture ; ils sont constitués d'une fine ligne de mortier posée sur les tuiles qui délimite les deux pentes de toit ;

- en raccord, à bord vif, (assez rare en Seine-et-Marne), ils doivent recevoir un joint au mortier, doublé d'un noquet de zinc ou cuivre.

Les égouts de toit ont plusieurs aspects pour éloigner l'eau de pluie des murs :

- le coyau*, utilisé dans les maisons à l'architecture élaborée, pour éloigner l'eau de pluie des murs, il est formé par une cassure de pente, constitué de trois ou quatre rangs de tuiles scellées au mortier ;

- une simple corniche saillante, moulurée dans les pays à plâtre, simple bandeau plat dans les zones à chaux, termine le sommet du mur ;

- égout scellé dans l'architecture rurale, un simple dévers de tuile est réalisé en bas de pente par la superposition de trois ou quatre rangs de tuiles scellées au mortier ;

- dans les constructions de villégiature de la fin du 19ème siècle, on assiste à l'apparition d'égouts à chevrons débordants.

Pour une restauration de qualité, tous les petits ouvrages anciens de toiture, ventilation, épis, girouettes, faîtage et passe barre seront à préserver.

La couverture conservera tout son charme si la charpente n'est pas totalement refaite mais simplement restaurée (les anomalies de planéité font partie du charme de la maison). Un calage des chevrons et pannes est bien largement souhaitable à un redressage par des fourrures* si cela est possible.

Se méfier de l'emploi de tuiles neuves sur une charpente non redressée.

À noter qu'il est important de ne pas oublier de ventiler la sous face des toitures et surtout de ne pas superposer plusieurs types d'

 

 

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